BLEUS, BOSSES, PLAIES, LÉSIONS CUTANÉES

Dernière mise à jour : 10 mai



Remèdes naturels sans contre-indications majeures

(sauf sensibilité particulière aux plantes citées)

Une contusion, une chute ou une glissade involontaire et c'est un front, un coude, un bras, une hanche, toute une jambe, un genou qui rougit instantanément et qui fait souffrir... Si on ne fait rien, cela se verra pendant plusieurs jours, en passant par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ! Ecchymoses, bosses et petites plaies sont notre lot quotidien et celui des enfants en particulier. Pour éviter que le sang ne se répande trop excessivement à l'intérieur des tissus, hors des vaisseaux capillaires et que cela ne dure trop longtemps, en formant un hématome inesthétique et douloureux, que faire ?



Plusieurs solutions, empruntées à Dame Nature, s'offrent à vous.

Voici ce que vous devriez toujours avoir dans votre pharmacie naturelle,

pour pallier aux petits bobos quotidiens :

LES INDISPENSABLES :


- Huile essentielle Hélichryse italienne de Corse (hélichrysum italicum) : chère, mais indispensable tant elle peut vous rendre de précieux services !

- Huile essentielle Menthe poivrée (mentha piperata) : antalgique, elle est souveraine pour calmer une douleur violente, insupportable, la rafraîchir et l'apaiser.

- Huile végétale millepertuis ou arnica ou calendula (macérats huileux à conserver au frigidaire).

- Teinture-mère arnica (en herboristerie ou celle de Boiron ou Weleda en pharmacie) ou teinture-mère calendula (Boiron ou Weleda), 12 € environ le flacon de 125 ml.

- Arnica montana 15 CH (ou 9 CH) et 30 CH en homéopathie (le tube granules 2,95 € environ).

Attention : pas d'arnica en 5 CH, car en basse dilution ce remède se comporte comme un anti-coagulant et favorise les saignements ! (1)

- Hypericum perforatum 30 CH en homéopathie (le tube granules 2,95 € environ).

- Chlorure de magnésium (en pharmacie, 1,20 € le sachet pour 1 litre).

- Miel thym, châtaignier, lavande, de nos régions. - Argile verte concassée.

- Poche de gel ou vessie de glace.

- Rescue en fleurs de Bach (en pharmacie, environ 10 € le flacon).


LE SOIN EST D'AUTANT PLUS EFFICACE QU'IL EST FAIT

IMMÉDIATEMENT APRÈS LE CHOC !


Modes d'utilisation : - Si vous avez déjà testé l’huile essentielle d’hélichryse italienne auparavant, vous pouvez la mettre pure sur la peau (selon la taille du traumatisme, mettre suffisamment de gouttes et masser la zone atteinte avec l’HE pour la faire pénétrer, ne soyez pas avare, il faut au moins 3 gouttes et plus si la zone est plus grande). Sinon, mélangez ces gouttes à 1/2 cuillère à thé de macérat d’arnica ou de millepertuis ou de macérat de calendula et massez délicatement jusqu'à complète pénétration. A renouveler 3 ou 4 fois dans la journée. Pour un hématome étendu, on peut ajouter 3 gouttes d'HE de lavande fine (lavandula augustifolia ou officinalis) et 2 gouttes d'HE de cyprès (cupressus sempervirens) dans du macérat d'arnica.

+

- Prenez ensuite 10 granules d’arnica montana 15 CH (ou 9 CH) puis 3 granules toutes les 30 mn ou toutes les heures pendant 2 à 3 heures (pour tout traumatisme physique ou psychique, hématomes, coups, surmenage ostéo-articulaire, muscles douloureux...)

- Si choc émotionnel suite chute : 10 granules d'arnica montana 30 CH de suite ou Rescue (fleur de Bach) : 4 gouttes sur la langue à garder quelques secondes et à renouveler 15 mn plus tard et 3 à 4 fois dans la journée (en pharmacie).

> Et appliquez du froid pendant au moins 15-20 mn si vous le pouvez (vessie de glace classique ou sous forme de poche de gel froid) jamais en contact direct avec la peau, la protéger avec un tissu fin ou un plastique. Le froid a un effet antalgique et évite un gonflement excessif.

- Si doigt écrasé, meurtri, un choc violent, une névralgie : 1 à 3 gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée sur la partie douloureuse 1 à 3 fois par jour + Hypericum perforatum 30 CH (pour toutes douleurs névralgiques insupportables) à raison de 3 granules 3 fois/jour jusqu'à amélioration (douleurs insoutenables autour d'un os ou de zones très innervées comme ongle, doigt, orteil, dent...).

- Si entorse poignet, cheville, genou : application immédiate d'une poche de gel froid pendant 15-20 mn et prise de 10 granules d'arnica 15 CH. Puis faites des cataplasmes d'argile verte concassée en journée et la nuit jusqu'à amélioration et continuez ensuite uniquement que la nuit. Elle est antalgique et souveraine pour réparer les tissus et les ligaments traumatisés !


Facultatif par VOIE EXTERNE, TEINTURE-MÈRE D'ARNICA : Pour renforcer les soins, on peut aussi diluer 50 gouttes de teinture-mère d’arnica dans 2,5 ml d’eau pour des applications cutanées en compresses pendant 1 semaine maximum. Pour enfant, à partir de 1 an, diluer 5 gouttes dans 2,5 ml d'eau.

> Les tissus traumatisés se reconstituent et cicatrisent mieux.

Précaution : évitez la TM d’arnica pour les femmes enceintes ou allaitantes et avant l'âge de 1 an et sur des plaies ouvertes ou ulcérées. Contre-indications : possibilité d’allergie croisée en cas d’allergie aux plantes de la famille des composées (marguerite, échinacée, pissenlit, herbe à poux, souci, etc).

Effets indésirables : l’arnica peut causer une dermatite chez certaines personnes et de l'eczéma en cas de traitements répétés.

INTERDITE PAR VOIE INTERNE :

Effets indésirables : l’arnica peut causer des effets indésirables suivants : gastro-entérite, paralysie musculaire, palpitations cardiaques, nausées et saignements. Elle peut interagir avec la prise d'anticoagulants, et le seul usage par voie interne concerne les préparations en homéopathie, réalisées par l'industrie pharmaceutique ou en officine.


Un jaune solaire pour notre pharmacie du Bon Dieu : jolies inflorescences de millepertuis perforé (hypericum perforatum), rondeur parfaite des fleurs de souci officinal (calendula officinalis), fleurs solaires de l'arnica des montagnes (arnica montana), robustesse et odeur épicée des fleurs couleur soleil d'or de l'exceptionnelle hélichryse italienne (hélichrysum italicum), surnommée l'immortelle car en bouquet sec, elle se garde longtemps.


EN CAS DE PLAIES OUVERTES :


- Teinture-mère de calendula (facultatif, de chez Weleda) : antalgique, désinfectant, cicatrisant.

- ou Chlorure de magnésium : excellent désinfectant permettant une meilleure cicatrisation (ne nécrose pas les cellules de la peau comme le fait l'alcool, l'eau oxygénée ou les produits désinfectants classiques, trop irritants). Il est souverain : renforce la production d'anticorps, active la cicatrisation, ne pique pas, idéale pour les enfants.

Modes d'utilisation :

Si teinture-mère de calendula : diluez quelques gouttes dans un peu d’eau bouillie pour nettoyer la plaie délicatement avec une gaze. Si chlorure de magnésium : pour désinfecter et nettoyer naturellement une plaie ou une écorchure. En sachet de 20 gr en pharmacie ou nigari en magasin bio. Diluez dans 1 litre d’eau le sachet, et si nigari, diluez 1 grosse cuillerée à soupe dans 1 litre d’eau. A garder au réfrigérateur après utilisation.

> Dans ce cas, attention à ne pas mettre d’HE d’hélichryse italienne pure dans la plaie.


Pour arrêter un saignement :

- Hydrolat de ciste ladanifère (cistus ladaniferus) ou hydrolat de géranium rosat (Pelargonium graveolens) en compresse sur la plaie pour éliminer les microbes et dans un second temps permettre la coagulation. Ces plantes sont hémostatiques et les hydrolats sont extrêmement doux et sans danger. > Pour un saignement de nez : une mèche de coton imbibée de 2 gouttes d'HE géranium rosat ou de ciste ou de jus de citron à introduire dans la narine avec la tête légèrement penchée en avant, en position assise (non couchée).


Pour désinfecter :

- 1 goutte d’HE essentielle de ciste ladanifère (cistus ladaniferum) directement sur la plaie (à partir de 3 ans). L'huile essentielle de ciste ladanifère est la seule huile essentielle que l'on peut déposer sur une plaie ouverte sans craindre ni ressentir de brûlure, ni même de picotements et qui possède des vertus exceptionnelles hémostatiques et cicatrisantes.

- ou Cataplasme fin et humide d'argile verte le temps de voir une amélioration (l'argile ne doit pas sécher) et à changer 2 fois par jour pendant 2 à 4 jours. - ou Miel thym, châtaignier ou lavande, à étaler en fine couche sur la plaie séchée, recouvrir d'un pansement aéré, à renouveler autant que nécessaire.


Pour favoriser la cicatrisation :

- Crème au calendula de Lehning en pharmacie et sur internet (en tube), ma préférée car la plus concentrée en calendula (10 gr pour 100 g), ou pommade au calendula de Boiron en pharmacie (en tube, concentrée à 4,4 gr pour 100 g) : ces pommades sont apaisantes, cicatrisantes, pour petites irritations et brûlures superficielles, crevasses, gerçures, rougeurs, dartres (à utiliser sur les enfants à partir de 1 an). Entre 5 et 7 euros le tube.

- Ou tout simplement du macérat huileux de calendula.

- Miel de Châtaignier ou de Thym biologique donc non pasteurisé, non chauffé, conservant toutes ses propriétés thérapeutiques. En cas de plaies ouvertes ou chroniques, infectées, escarres, ulcères, brûlures 1er et 2nd degré, lésions cutanées type crevasses (si allaitement notamment) ou gerçures, ongle incarné, herpès, acné, eczéma, expérimentez son efficacité prouvée (2) (utilisé avec succès en milieu hospitalier, dans le cas de plaies non suturables, et même sur nos animaux, dont les chevaux). Cicatrisation garantie 2 fois plus rapide qu'avec un produit de l'industrie pharmaceutique classique et plus coûteux.

> Petit bémol sur le miel de Manuka, très à la mode, et dont on parle beaucoup, à lire en annexe (3).

Soit vous achetez le miel en pot chez un producteur sérieux ou en magasin bio.

Soit, plus pratique en voyage ou dans une trousse de secours, vous en trouverez sous forme de tube cicatrisant chez Aristée (producteur de pollen frais et produits d'apithérapie et mis au point par l'équipe du Pr Descottes) ou chez Honey-patch (produits belges). Ces miels qui répondent à l’appellation de "miel médical" se différencient uniquement du miel alimentaire par les contrôles effectués sur leur composition et garantissant une parfaite innocuité : ils ne renferment ni pesticides ni produits chimiques et leur taux hydrique est contrôlé, car le miel se contamine rapidement au contact de l’air (et surtout dans des atmosphères souillées comme l’atmosphère du milieu hospitalier : en présence d’humidité, il peut se développer des levures de fermentations). Ils sont sélectionnés afin d'être le plus riche et le plus pur possible. Sur ceux-là, rien n'est rajouté dans la composition, il n'y a que du miel ! > J'ai découvert une autre produit français de qualité, le Cicatrimel®+ qui contient du miel associé à de l'acide hyaluronique. En vente ICI. A vous de tester. - Le cérat de Galien, après cicatrisation, pour bien hydrater la peau et favoriser une bonne réparation, apaiser une cicatrice qui démange et dont je parle ICI.

Les indispensables de votre pharmacie naturelle (ils se gardent longtemps sans se dénaturer et au frigidaire)



Par contre, dans les cas suivants, allez consulter un médecin ou les urgences :

  • On ne peut plus marcher ni se servir du membre atteint.

  • Le membre est déformé.

  • Une poche de sang s'est formée.

  • La zone lésée devient rouge, chaude et douloureuse.

  • Le choc a touché l’oeil ou sa région.

  • Le choc a touché des membres inférieurs (4).

  • Aucune amélioration au bout de 3 à 4 jours (4).


Pour des plaies superficielles à infectées et des contusions gérables à domicile, voyez comme la nature est généreuse et peut subvenir efficacement à vos besoins sans jamais nuire et avec des résultats qui me bluffent moi-même à chaque fois ! Car, je vous l'avoue, je suis une spécialiste des bleus en tout genre, me cognant assez facilement partout régulièrement !

Des produits simples, peu chers, mis à part la précieuse HE d'Hélichryse italienne (entre 17 et 25 euros les 5 ml, selon les distillateurs et les sites de vente, et l'HE de Ciste à environ 10 à 14 euros les 5 ml). Voir ICI mon article sur les huiles essentielles avec ma sélection personnelle de sites de vente pour des produits de qualité (HE, hydrolats, huiles et macérats végétaux).


Prendre soin de soi et de ses proches naturellement, ce n'est vraiment pas sorcier !

Sylvie Boizet - Naturopathe


ANNEXE :

(1) Livre du Dr Martine Gardénal "Homéopathie, le livre de référence pour se soigner au naturel" - Editions Trédaniel (2019).

(2) Zoom sur le miel et son mode d'action : pourquoi une telle efficacité ?

Les scientifiques ont étudié la composition et les mécanismes d’action du miel. Celui-ci est naturellement pauvre en eau (15 à 20%), il attire donc l’eau environnante par osmose : en drainant la lymphe et le plasma vers l’extérieur de la plaie, entraînant les déchets et débris de tissus, ce qui nettoie la plaie et limite l’inflammation. Cet effet permet de maintenir une humidité favorable à la cicatrisation sans augmenter la prolifération bactérienne grâce à ses propriétés antiseptiques.

En effet, contenant peu d'eau mais 60% de fructose, son pH fortement acide est à l’origine de ses qualités antibactériennes et antiseptiques et crée des conditions défavorables au développement des bactéries et microbes (et le sucre est nécessaire au métabolisme cellulaire). Par ailleurs, lors de la transformation du nectar en miel par les abeilles, celles-ci transforment le glucose en acide gluconique et en peroxyde d’hydrogène grâce à une enzyme contenue dans leur jabot (la gluco-oxydase) et qui stimule la revascularisation des plaies et des tissus.. Or, le peroxyde d’hydrogène n’est autre que de l’eau oxygénée, un antiseptique bien connu ! Et ce n'est pas tout ! Car le miel apporte avec lui une formidable symbiose naturelle : aux composants présents dans tous les miels, il faut en effet ajouter les actifs bénéfiques des fleurs butinées. L’équipe du Pr Descottes, pionnier en la matière, a ainsi travaillé avec du miel de thym et de lavande, deux plantes connues pour leurs propriétés antiseptiques. Le Dr David Lechaux, chirurgien de l’appareil digestif à l’hôpital Yves Le Foll de Saint Brieuc, écrit, dans un rapport sur le miel et la cicatrisation des plaies, qu’est attribuée au miel "une très grande efficacité sur un large spectre de bactéries [...] au niveau des plaies. Cette caractéristique du miel, ajoutée au constat qu’aucune résistance n’a été révélée à ce jour, en fait un moyen thérapeutique pour aider à la cicatrisation avec beaucoup d’intérêt en milieu hospitalier où les infections nosocomiales sont légions".


(3) Le miel de Manuka :

En provenance de Nouvelle-Zélande, il possède, comme tous les miels, des vertus anti-bactériennes, anti-inflammatoires, cicatrisantes et antifongiques. Il bénéficie cependant d'une concentration plus importante en une substance active, le MGO (méthylglyoxal), qui lui apporte une plus grande puissance d'action, notamment anti-inflammatoire en réduisant l'œdème et favorisant le processus de réparation des tissus. Mais faire parcourir 6000 km à un miel n'a aucun intérêt et explique en partie son prix exorbitant (en fonction du taux de concentration en MGO, des contraintes de récolte et à cause de sa provenance lointaine). Le miel de Manuka est aussi un grand coup marketing : il n’apporte aucun bénéfice thérapeutique supplémentaire par rapport à un miel de nos régions. Souvent utilisé dans le traitement contre l'acné, l'eczéma ou le psoriasis, le remplacer idéalement par un miel bio de nos terroirs, le plus jeune possible (tous les miels peuvent être utiles).

(4) Attention aux complications de cicatrisation :

Il arrive que des plaies (au niveau de la jambe, sur tibia par exemple ou mollet) guérissent mal et demeurent fragiles, avec une peau violacée, fine tout autour. Demandez conseil à votre médecin, car parfois les antibiotiques ne suffisent pas. A cause d'un surpoids, d'une insuffisance veineuse, d'un mauvais retour sanguin, d'un ulcère variqueux, il sera peut-être utile de lui demander de vous prescrire un écho-doppler artériel et/ou veineux, pour vérifier l’état de la circulation dans les artères ou les veines des jambes et des pieds et dépister une éventuelle phlébite. D'autres facteurs peuvent être aggravants : diabète, insuffisance rénale, pathologies vasculaires diverses comme l'hypertension, l'artériosclérose, mais aussi le tabagisme, l'âge avancé, une anémie sévère et certains traitements (AINS, corticoïdes...). La rapidité et la qualité de la cicatrisation sont dépendants de l’état de santé général de l’individu, des causes de la lésion (son étiologie), de l’état et de la localisation de la plaie et de la survenue ou non d’une infection. Donc, la perturbation de l’une de ces phases peut aboutir à un retard ou à une complication de la cicatrisation, et donc à une plaie chronique. Ne tardez pas à consulter !



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